Vivre l’instant… Une nouvelle façon d’être au monde - 1ère partie
Et si les plus beaux voyages n’étaient pas ceux qui nous emmènent le plus loin, mais ceux qui nous ramènent à nous-mêmes ?

Vivre l’instant… Une nouvelle façon d’être au monde
C’est la première fois que je vis mes vacances au jour le jour.
J’ai une vague idée des endroits que j’aimerais découvrir, des paysages que j’aimerais explorer, mais je ne m’impose plus rien. Je me couche le soir avec une envie pour le lendemain, et si finalement je ne fais pas ce qui était prévu, ou pas comme je l’avais imaginé, tant pis.
Je me lève, je prends mon petit-déjeuner, j’observe la météo, je regarde l’humeur de mon fils, j’écoute la mienne, et parfois je demande simplement à ChatGPT de me suggérer une balade en fonction de la température, de la distance ou de l’envie du moment.
Puis je pars…
Je roule en observant le paysage, la splendeur de la nature. J’ai l’impression de redevenir une enfant qui s’émerveille de tout.

Un oiseau qui prend son envol.
Un papillon qui traverse mon chemin.
Le reflet du soleil sur une branche.
La vivacité des couleurs.
Ce rouge éclatant qui contraste avec un rose délicat.
Cette glycine voluptueuse qui déploie toute sa puissance sous le soleil de l’été.
La mer.
Son odeur.
La beauté de cette côte où le bleu de l’eau rencontre le vert profond des pins et des cèdres, façonnés par le vent au fil des années.
M’arrêter simplement pour regarder un lézard se déplacer entre deux pierres.
Écouter la cymbalisation des cigales, ce chant puissant, constant, qui semble porter toute la chaleur du Sud.
Je communie avec la nature.
Je me laisse guider par le GPS sans réellement savoir ce que je vais découvrir. Et finalement, ce n’est plus la destination qui compte, mais tout ce qui se trouve entre le point de départ et l’arrivée.
Je visite.
J’observe avec tous mes sens.
Les odeurs.
Les couleurs.
La lumière.
Les sons.
Je prends conscience de ce que cela fait naître dans mon corps, dans mon cœur, dans mon âme, en apprenant à ressentir avec tous mes sens, et plus seulement avec mon mental.
Et je remercie l’Univers de me permettre de ressentir la vie avec autant d’intensité.
J’aime profondément ce qui m’entoure.
Cette manière de vivre est nouvelle pour moi.
Pendant longtemps, j’ai eu besoin d’anticiper, de prévoir, de calculer, d’imaginer tous les scénarios possibles. Aujourd’hui, j’apprends à me laisser porter.
À faire confiance.
À accueillir ce qui vient.
Je réalise que ce n’est pas seulement une façon de vivre mes vacances. C’est une nouvelle conception de la vie qui s’installe peu à peu.
Une manière d’être qui est profondément en accord avec qui je suis.
Bien sûr, le quotidien ne permet pas toujours de vivre ainsi. Notre société nous pousse sans cesse à faire plus, aller plus vite, être performants, répondre aux attentes, rentrer dans des cases, porter parfois un masque pour correspondre à ce que l’on attend de nous.
La différence dérange souvent.
Elle est mal comprise.
Parfois même rejetée.
Alors j’apprends à ne plus lutter contre ma nature profonde.
J’apprends à vivre davantage dans le présent.
À me connecter à la nature.
À écouter ce qui se passe en moi, dans mon corps, dans mon cœur et dans mon esprit.
À accueillir mes émotions lorsqu’elles apparaissent, sans chercher à les contrôler (enfin pas toujours evident).
Sourire devant un enfant qui rit.
Être touchée par le regard d’une personne âgée.
M’émouvoir d’une scène de vie.
Ou ressentir une tristesse passagère en observant la souffrance d’un inconnu.
Car mes perceptions ont toujours été très présentes.
Je ressens profondément les lieux, les ambiances, les personnes. Cette sensibilité fait partie de moi.
Mais aujourd’hui, j’apprends quelque chose d’essentiel.
Être en empathie ne signifie pas porter le monde sur ses épaules.
Je ne pourrai sans doute jamais cesser d’être profondément empathique. Ce n’est pas ce que je souhaite.
En revanche, je peux apprendre à ne plus habiter la douleur des autres comme si elle était la mienne.
À la reconnaître.
À l’accueillir.
Puis à la laisser repartir.
Sans culpabilité.
Sans m’y perdre.
C’est un apprentissage conscient.
Un chemin vers davantage de paix intérieure.
Peut-être est-ce cela, finalement, grandir.
Non pas devenir quelqu’un d’autre, mais revenir peu à peu à celle que j’ai toujours été au fond.
Aujourd’hui, lorsque mon fils me dit en souriant : « Maman, en ce moment, tu es complètement à l’ouest », je souris moi aussi.
Parce qu’au fond, je crois que je ne suis pas perdue.
Je suis simplement en train de me retrouver.




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